Un choix artistique résolument libre et contemporain. Pour une visite dans un lieu atypique du Maine-et-Loire.
Programmation 2026
EXPOSITION en cours
Solène ORTOLI
Bois dormant
/ 30 janvier au 6 avril 2026 /
Le Village d’Artistes présente Bois Dormant, une exposition personnelle de l’artiste Solène Ortoli, organisée dans le cadre d’un cycle de quatre expositions consacrées à la thématique Matière / Paysage.
À la manière de ponctuations, chaque œuvre pose le décor d’un intérieur domestique. Les figures humaines y sont absentes, ne demeure que la présence des objets qui, dans une temporalité qui semble figée, opèrent un retour progressif vers la matière qui les constitue.
La dimension ordinaire de l’espace habité se déconstruit pour faire place à un nouvel ordre dans lequel le dedans et le dehors cohabitent, et où se produit un basculement du réel vers sa représentation.
« Je considère mes installations comme des fragments de scénographies, et mes peintures comme des esquisses que j’imagine mettre en espace. »1
Les peintures de Solène Ortoli accompagnent les pièces, évoquant des espaces dans lesquels une action en cours ou à venir reste en suspens. Certains éléments se prolongent au-delà du support pictural créant une continuité entre les différentes composantes de l’installation.
La surface des choses se fond dans le tissu du monde. Un lit défait devient le support sur lequel le mouvement d’une couverture dessine une étendue de plaine dans le reflet d’un miroir, la structure ondulée de chutes de bois forme un rideau, une porte ou un placard, la palette de peintre compose les parties d’une table de chevet, le dos d’un châssis révèle un paysage à la manière d’une fenêtre, et la coupe d’une pierre laisse apparaitre un ciel, ou la surface de l’eau. Un tapis s’unit à un parterre de terre sur laquelle une chaise paraît prendre racine, tout comme les branches d’un arbre dont les feuilles évoquent le passage d’une saison.
L’horizon qui rend visible, tout en dérobant la part d’invisible, incarne l’ambiguïté de notre rapport au monde. Une série de photographies libres de droits présente des vues de montagne archétypales, imprimées sur papier puis pliées, dans lesquelles la relation entre le ciel et la terre se renverse. L’image d’un coucher de soleil sur la mer se déploie sur un tissu glissant le long du mur et dont la fluidité se confond avec le mouvement des vagues.
Cet ensemble d’images et de matières compose un poème sans mots. Il révèle la théâtralisation du paysage qu’opère notre perception dans sa tentative d’appropriation de l’insaisissable.
Texte : Livia Parmantier
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Formée à la scénographie à l’École Nationale des Arts Décoratifs de Paris dont elle est diplômée en 2008, Solène Ortoli développe aujourd’hui une démarche pluridisciplinaire. Elle travaille à Paris en tant qu’indépendante et, au gré des événements auxquels elle participe, elle est amenée à concevoir des projets dans différentes régions françaises. Ses équipes sont souvent composées d’artisans et de constructeurs implantés dans les régions où elle intervient. Tout en explorant leurs zones de lisières, les installations qu’elle conçoit naviguent entre dispositif artistique, scénographie et création de jardin. Inscrite dans une démarche éco-responsable, elle cherche également à introduire une forme de théâtralité au sein des sites qu’elle investit. En mobilisant des codes de la scénographie et du décor, en troublant la perception de l’espace par un jeu de percées et de reflets, elle tente de faire basculer l’imaginaire du visiteur vers un ailleurs, de créer un espace distancié de la réalité. En parallèle de ce travail in situ, Solène Ortoli développe une approche picturale de l’espace et du paysage, par la peinture et par un travail de remodelage photographique. À travers ces fabrications formelles déployées à différentes échelles, elle interroge notre approche d’appréhender le réel et le rapport que nous entretenons avec notre environnement architectural et naturel.
1 Entretien avec Solène Ortoli. Paris, 10.12.2025.






